Le veau de la Pentecôte: célébrer la vie par la mort d’un être innocent?

Recette plus bas: Asperges blanches étuvées à la mode luthérienne

Jadis et avant l’élevage intensif, les veaux étaient élevés sous la mère.Les naissances de veaux avaient lieu surtout au printemps c’est à dire au moment de la Pentecôte. 

Manger du veau à la  Pentecôte trouve ses sources surtout dans  l’Europe chrétienne rurale, notamment dans les régions catholiques françaises, italiennes, allemandes ou suisses. 

Même si ce n’est pas un commandement religieux, il existe un symbolisme ancien. Dans la Bible, le « veau gras » représente le festin, l’accueil et la joie. On voit aussi l’exemple du repas d’Abraham, où un veau est préparé avec de la farine pour accueillir des hôtes sous sa tente, préfigurant la loi de la kashrut qui établira l’interdiction  de servir ou mélanger le lait et la viande.

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Pour le christianisme, le passage le plus célèbre est la parabole du fils prodigue dans le Évangile selon Luc, où le père fait tuer le veau gras pour célébrer le retour de son fils symbolisant à la fois l’accueil chaleureux du fils par son père et l’hospitalité. 

L’ image du veau comme nourriture de réjouissance a marqué durablement la culture chrétienne européenne.

Pourquoi un innocent paierait-il pour un coupable ? 

Voici une question que beaucoup de théologiens, de philosophes et de croyants se sont posée, et il existe des réponses très différentes selon les traditions et les époques.

Les chrétiens considèrent que le sacrifice du Christ remplace définitivement les sacrifices animaux. Jésus de Nazareth est présenté comme « l’agneau de Dieu » : un sacrifice unique, censé mettre fin aux sacrifices sanglants du Temple.

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Par ailleurs, beaucoup de théologiens contemporains refusent l’idée d’un Dieu exigeant la mort d’un innocent pour calmer sa colère. 

Veau de la Pentecôte: une opération commerciale et prosaïque

On parle du veau de Pentecôte, associant cette expression à un dicton ancien : « A Pentecôte le veau perd sa côte ». Mais il s’agit surtout d’une tradition plus commerciale que religieuse. 

En effet, la fête chrétienne de la Pentecôte n’est pas associée à aucune tradition alimentaire spécifique du point de vue biblique.

L’expression  « veau de la Pentecôte » est un concept marketing lancé en France en 1998 par une agence de promotion de la collective de la viande. L’idée était de relancer la consommation de viande de veau, sur le mode de l’agneau pascal ou de la dinde de Noël.

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(source:https://www.chretiensaujourdhui.com/vivre-les-fetes/les-recettes/le-veau-de-la-pentecote-na-jamais-existe/)

Je trouve tellement triste de sacrifier un être si innocent pour célébrer la vie! Aujourd’hui je partage avec vous  une recette dans la véritable tradition de la « cuisine de presbytère » luthérienne allemande du XIXe siècle.

Pour y parvenir il faut que je vous parle d’une femme considérée comme l’auteur de livres de cuisine allemande le plus connu.

Il s’agit d’Henriette Davidis.

Elle était la fille d’un pasteur protestant westphalien, dans un milieu profondément luthérien, et son célèbre Praktisches Kochbuch (manuel de cuisine pratique) a façonné la cuisine bourgeoise protestante allemande pendant des générations.

En effet, les livres de cuisine protestants allemands du XIXe siècle servaient aussi d’éducation morale pour les jeunes femmes : ils apprenaient la bonne gestion du foyer, la discipline et l’hospitalité chrétienne.

Henriette Davidis venait elle-même d’une famille pastorale, et ses ouvrages étaient très présents dans les maisons luthériennes.

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La Recette

Asperges blanches étuvées à la mode luthérienne

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Cette recette s’inspire quoique modernisée des recettes de Henriette Davidis.

Dans la cuisine protestante bourgeoise allemande, « étuver » les légumes était considéré comme plus sobre et plus économique que les longues cuissons dans beaucoup d’eau. La recette d’asperges correspond parfaitement à la cuisine des maisons pastorales allemandes anciennes: un légume saisonnier prestigieux mais simple qui symbolise le printemps et une cuisine délicate mais sans ostentation.

Ingrédients

  • 2 bottes d’asperges blanches

  • 50 g de beurre

  • Sel

  • Pincée de sucre

  • Persil

  • Un peu de chapelure fine

  • Parfois quelques cuillerées de bouillon léger

Préparer les asperges

  • Éplucher du haut vers le pied.
  • Couper les parties dures.
  • Les lier éventuellement en petites bottes, comme indiqué dans les livres de l’époque.
Plat

Étuvage

  • Faire fondre le beurre dans une casserole large.
  • Déposer les asperges. Ajouter un peu de sel, une petite pincée de sucre et très peu d’eau ou de bouillon.
  • Couvrir.
  • Cuire doucement jusqu’à ce qu’elles deviennent tendres tout en restant entières.
  • Servir parsemé de persil et/ou de chapelure légèrement dorée au beurre.
    On peut accompagner les asperges de charcuterie comme j’ai fait ici avec un jambon vegan.
  • Servir immédiatement.

Pensée du jour… 

Actes 2, 1-36 

‘‘Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.’’

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