Caspar Schwenckfeld: un Réformateur à l’identité religieuse propre
Caspar Schwenckfeld , également appelé Kaspar Schwenkfeld ou Caspar Schwenckfeld von Ossig, était un théologien et réformateur religieux de langue allemande, originaire de Silésie. Il naît en 1489 dans une famille noble, à Ossig, en Silésie (territoire aujourd’hui polonais).

Il est un des premiers à introduire la Réforme en Silésie. Caspar Schwenckfeld est un personnage assez compliqué à décrire, notamment vis-vis de ses rapports avec Luther, les autres réformateurs et les autorités religieuses.
Il adhère d’abord aux idées de la Réforme (influencé par Luther, Thomas Müntzer etAndreas Karlstadt), mais s’en éloigne rapidement à partir de 1524–1526 en raison de désaccords profonds sur l’Eucharistie et l’organisation de l’Église.
Qu’est-ce que la Controverse eucharistique?
À l’époque de la Réforme, au XVIe siècle, l’expression « controverses eucharistiques » désigne les grandes disputes théologiques entre catholiques et réformateurs, mais aussi entre les réformateurs eux-mêmes, concernant la signification de l’Eucharistie, c’est-à-dire la Cène ou la Communion. Ces controverses portaient sur la présence du Christ dans le pain et le vin de la communion. Alors que Luther défendait sa présence réelle, Zwingli y voyait principalement une expression symbolique et Calvin une présence spirituelle.
Certains courants anabaptistes accordent également à la Cène une dimension essentiellement commémorative et communautaire.

Quant à Caspar Schwenckfeld, il défendait une conception très spirituelle de la communion.
Schwenckfeld estimait que le corps glorifié du Christ ne pouvait pas être réduit à des éléments matériels tels que le pain et le vin. La véritable nourriture du chrétien est le Christ lui-même, que nous recevons par la foi, et non par une consommation matérielle de pain et de vin.
Schwenckfeld insistait sur la « nourriture spirituelle » (comme le nom de mon blog!) : le croyant reçoit véritablement le Christ par l’Esprit et par la foi. C’est ainsi qu’il prit en 1526 une décision singulière : suspendre la célébration de la Cène au sein de sa communauté.Cette suspension, appelée Stillstand, fut maintenue par ses disciples pendant plusieurs siècles.
Une vie d’exil et de damnation
Rejeté par les luthériens comme par les catholiques, banni de plusieurs cités (notamment Ulm en 1539), Schwenckfeld vit traqué ou en exil.
Il ne fonda pas d’Église, mais suivit un chemin original entre la réforme luthérienne et les divers courants de l’anabaptisme. Contrairement à d’autres réformateurs il resta fidèle à son engagement au célibat.Ces positions contribuèrent à son isolement et à la dispersion de ses partisans, qui furent ensuite désignés sous le nom de schwenckfeldiens.
En 1561, Caspar Schwenckfeld fut frappé par la dysenterie. Son état se dégrada progressivement jusqu’à sa mort, survenue à Ulm, le matin du 10 décembre 1561. Craignant les agissements de ses adversaires, ses proches gardèrent le décès secret et dissimulèrent également le lieu de sa sépulture.
Après la mort du Réformateur, ses disciples continuèrent à transmettre ses enseignements, malgré les persécutions et les difficultés. Beaucoup quittèrent la Silésie et trouvèrent refuge dans d’autres territoires allemands.
Au XVIIIe siècle, une partie importante de la communauté émigra en Amérique du Nord, notamment en Pennsylvanie, où les schwenckfeldiens existent encore aujourd’hui.
La table de la noblesse silésienne au XVIe siècle : que mangeaient réellement les familles nobles ?
Il existe des données sur la consommation alimentaire dans les châteaux et familles bourgeoises silésiens au XVIe siècle. Les produits d’origine végétale les plus importants étaient les céréales. La consommation de gruau surtout d’orge, de sarrasin et de millet occupait une place relevante dans l’alimentation confirmant ainsi que ces préparations avaient leur place dans l’approvisionnement d’un domaine aristocratique ou bourgeois.

En effet, le millet n’était absolument pas réservé aux paysans. C’était une céréale connue et consommée dans différentes couches de la société européenne, y compris à la table des nobles silésiens. Au XVIe siècle, le millet pouvait être préparé sous forme de bouillie ou de gruau. Selon les moyens du foyer, la préparation pouvait être enrichie de beurre, de lait, de crème, de miel et d’épices notamment dans les cuisines plus aisées. Toutefois, la finesse des céréales indiquait le rang social.
Un article de Culinary Krakow, fondé notamment sur les anciens herbiers culinaires, explique que la qualité du gruau dépendait de son degré de mouture: les gruaux grossiers étaient destinés aux domestiques. Les gruaux les plus fins, décrits comme beaux « comme des perles », étaient réservés aux tables nobles et royales. Les pois aussi étaient consommés fortement(notamment sous forme de pois secs ou cassés).
Les tables aristocratiques de la Renaissance de cette région étaient aussi beaucoup plus diversifiées que les tables populaires : gibier, volailles, poissons, épices étrangères, légumes raffinés et pain de froment. Alors que les plats réservés aux classes sociales les plus pauvres étaient la betterave – (appelée légume des pauvres), la soupe au pain et l’orge.
Schwenckfeld étant issu de la noblesse et ayant fréquenté les cours ducales silésiennes, on peut donc imaginer un homme qui connaissait les mets des cours princières.
Bouillie de millet: une recette familière en Silésie au temps de Schwenckfeld

Le millet, céréale consommée en Silésie depuis le Moyen Âge, était notamment préparé sous forme de bouillie. Je vous propose ici une version végétale inspirée des préparations anciennes, sans prétendre qu’il s’agissait d’un plat personnel de Caspar Schwenckfeld, car même si le théologien appartenait à la noblesse, une préparation de millet pouvait parfaitement figurer dans l’alimentation d’un foyer noble, sans être nécessairement un plat de prestige.
Et pour cause, une étude intitulée Culinary Identity in Silesia and the Vilnius Region, indique que les bouillies de millet, mais aussi celles d’orge préparées avec de l’eau bouillie, du beurre et du sel, faisaient partie des préparations quotidiennes des Silésiens. Ce plat était normalement consommé comme petit déjeuner.
La Recette pour 4 personnes
Ingrédients
200 g de millet
1 litre à 1,2 litre d’eau
1 petite cuillère à café de sel
1 cuillère à soupe de beurre (ici végétal)

Préparation
- Rincer le millet à l’eau froide pour retirer les éventuelles impuretés.
- Porter l’eau à ébullition dans une marmite.
- Ajouter le millet en forme de pluie et le sel.
- Laisser cuire à feu doux pendant le temps indiqué sur l’emballage (voir Mes Conseils), en remuant régulièrement pour éviter que les grains n’attachent au fond.
- Si la préparation devient trop épaisse, ajouter un peu d’eau chaude.
Vous devez obtenir une bouillie épaisse et légèrement crémeuse. - En fin de cuisson, ajouter le beurre.

Mes Conseils
Le temps de cuisson du millet varie généralement entre 15 et 25 minutes à feux doux et à couvert, selon les marques, le type de millet (décortiqué, semi-complet, etc) et le temps de repos préconisé.






